De l’imaginaire: photo, artisanat, production industrielle?

Rétrospective sur une exposition : Le groupement des artistes de Pontorson (GAP) ouvre traditionnellement la saison des expositions d’été à Pontorson. Traditionnellement aussi le six artistes invitent une »guest star ». Cette année c’est la Caënnaise Catherine Gautier. Et son « art » invite à discussion.  Un portrait.

C’est la toile le plus surprenant et le plus typique pour le changements d’un motif originaire. Il s’ agit en vérité de l’escalier dans la mairie de Caen, couplé à une broderie. La symmetrie est visible et en vertical et en horizontal. La toile est doublement pliable. L’aliénation que Catherine Gautier utilise est un développement de l’ostronénie, développée elle par le russe Viktkor Shklovky pour l’art déclamatoire. L’aliénation que Catherine Gautier utilise se base sur les mouvements du 20ème siècle. (c) wy.

Catherine Gautier fait des photos depuis 20 ans. Elle a débuté dans la photographie de la nature. Elle cherche la belle prise de vue, la lumière et ses effets sur les motifs. Elle aime que sa photographie soit agréable à voir. Elle transforme ces photos, les agrandit, les fixe sur des supports et les déclare comme tableaux, donc de l’art.

La photo est devenue un art à lui seul depuis longtemps. Les grands photographes Helmut Newton, Annie Leibowitz, Margaret Bourke-White, le luxembourgeois Edward Steichen ou Vivian Mayer  et Lisa Kristine pour ne nommer que quelques uns ont levé la photographie dans le rang de l’art. Mais pour eux c’était la photographie et rien d’autre.

Catherine Gautier erst loin des photographes de renommée qui cherchent à présenter le motif en lui-même, à présenter le caractère du motif par la photo. Par l’aléniation elle devient l’artisan de la photo, crée un nouvel objet. C’est de l’art ? La question ne se pose ni pour elle, ni pour les organisateurs des expositions. On l’aime, on voudrait l’avoir comme « guest star ». Elle présente des créations qui provoquent largement un bien être et de l’intérêt pour ses œuvres. Elle-même parle « d’imagination » qu’elle voudrait provoquer chez celui qui regarde ses tableaux.

D’où vient un certain bien être, un petit rire, un deuxième troisième regard sur ses tableaux? L’harmonie vient d’une recomposition des ses motifs. On sent les lignes de pliage à deux et à quatre,  mais on doit étudier les tableaux pour les découvrir. On ne peut pas dire qu’elle n’ait pas l’œil pour les motifs de ses photos. Mais ce qui provoque le contemplateur, c’est l’art de l’artisanat pour recomposer et de traiter la photo.

Catherine Gautier sait expliquer ses tableaux aux contemplateurs. Ici avec le maire de Pontorson, André-Jean Belloir. (c) wy.

« La première fois, qu’on m’a proposé de vendre un tableau, j’ai refusé », raconte-t-elle. Cette phase est révolue. Elle réfléchit couper certains de ses tableaux pour en faire un puzzle pour des écoles primaires. Des cartes de vœux sont aussi imaginées. Elle tombe alors dans l’autre extrême, industrialiser son activité d’artiste. Grand danger : Quel amateur de tableaux aimerait retrouver « son » tableau un jour comme carte de vœux dans un magasin ou comme puzzle pour les enfants ? Alors, c’est de l’art, ce quelle fait ? C’est de l’artisanat de l’art ? Ce seront un jour des produits industriels ? Elle-même reste sur la notion de création de l’imaginaire.

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