Pontorson profite de finances saines

Pas de hausses d’impôt en 2023

La ville de Pontorson termine l’année 2022 avec un résultat net positif dans son budget de fonctionnement de 1.1 million Euro. Succès d’une politique financière qui sait d’un côté bien évaluer les recettes, de l’autre être économe dans les dépenses. Une Analyse.

André-Jean Belloir, maire de Pontorson ©wy.

 La municipalité se servira de ce résultat en grande partie comme autofinancement pour des projets d’investissements lourds en 2023 et en égalisant le budget d’investissement pour 2023. C’est un système financier conservateur que la municipalité pratique depuis huit ans maintenant. Le succès : Pontorson ne se présente plus comme la ville endormie d’il y a une dizaine d’années mais comme »une petite ville » de 4.500 habitants sur le chemin de la modernité. Même si certains investissements comme la maison de santé ne semblent pas bien réfléchi et pas très réussis.

Jetons un regard en arrière. 2013/2014 : Une nouvelle équipe venue de la société privée prends les affaires de la municipalité en main. L’équipe autour du maire André Denot commence avec un éclat. La ville rembourse d’un seul coup ses crédits. La conséquence : endettement réduit, mais plus de possibilités de financement concret.

Commence alors une nouvelle ère d’investissement, une nouvelle ère de nouveaux crédits donc de nouvel endettement. Seulement, on s’endette prudemment par projet. Et on présente en la personne de Vincent Bichon un « ministre de la finance » qui connait les rouages de la finance publique et qui possède « un nez » où trouver l’argent nécessaire. Cette nouvelle municipalité développe un plan de longue distance, une vision de la ville. Il n’y a pas toujours l’unanimité dans cette équipe – loin de là. On se rappelle d’un conseil municipal sur l’organisation de la semaine scolaire avec un affrontement entre André-Jean Belloir et André Denot. L’un pour la semaine à quatre jours, l’autre pour la semaine à 4,5 jours. Le résultat : Pontorson est une de rares villes à garder la semaine de 4,5 jours.

Vincent Bichon, premier adjoint et responsable des finances de la ville ©wy.

André-Jean Belloir est un « joueur d’équipe ». Il se fie à ce que les adjoints travaillent et présentent des résultats. Puisqu’il est en même temps le président de chaque commission il tient quand même les rênes en main. Cette philosophie politique mène à un succès visible dans les finances.

Il y a d’abord un « coup magique « de Vincent Bichon. Au moment, où on sentait déjà que les intérêts des crédits allaient monter, il propose un nouveau crédit au conseil sur 1,5 million Euro sur 20 ans à un taux fixe de 0,87 %. L’endettement augmente mais la ville qui au fond n’en a pas besoin, se crée une tirelire, trouve la liberté pour des projets d’avenir.

L’endettement de la ville monte à 5,5 millions Euro, dépasse le budget de fonctionnement, mais ce n’est pas cela qui compte. Un résultat positif du budget de fonctionnement de plus d’un million Euro permet à la ville de rembourser tous les crédits au bout de 3,8 années. André-Jean Belloir a promis de réduire l’endettement de la ville au niveau de 2014, l’année où la société civile avait pris les choses en main. Le plan de réduction part d’un endettement de 4,1millions en 2013 vers un endettement de 4,03 millions en 2027, fin du mandat. Le pic sera se trouve dans le budget de 2023 avec 5,5 millions.

Si on regarde le développement de l’autofinancement par tête on voit la conséquence de cette politique financière conservatrice. En 2013 il s’élevait à 102,49 Euro par tête d’habitant. Pour le budget 2022 qui avait été voté dans la réunion du conseil municipal du 09 février, il s’élève à 253,66 Euro par tête d’habitant, deux fois et demi de plus par rapport à 2013. Ces deux chiffres, l’autofinancement d’un côté et le résultat du budget de fonction montrent que les finances et la ville elle même se basement sur un fondement solide.

La ville a été largement gagnante de cette politique. Tout un quartier a été rénové, la – malheureuse – maison de la santé est arrivée, autour de la médiathèque on a créé une cité de savoir, des terrains ont été viabilisés pour faire sortir un nouveau quartier de terre. Alors, comment fait-on à Pontorson ?

Aujourd’hui les communes sont incapables de financer leurs projets sans subventions. Il faut donc savoir ou trouver de l’argent. La capacité d’autofinancement est un atout dans cette « ingénierie de finance » que chaque projet nécessite. Quand on s’adresse à l’agglomération, au Département, à la région, à l’Etat ou même à l’Europe, Pontorson peut montrer un financement ou la ville participe. Ainsi, POntorson peut participer avec la somme de 270 000 Euro à la création du centre de la jeunesse, ou on crée en plus une crèche tant attendu. Les habitants vont profiter directement de cette politique solide. « Nous n’allons pas augmenter les impôts » assure André-Jean Belloir. Une augmentation « modérée » va avoir lieu dans les services, là ou la ville subit elle-même une augmentation.

Mais même si la ville ne voulait pas augmenter les impôts, les habitants de Pontorson vont en subir une. Puisque c’est l’Assemblée Nationale qui relève base pour la taxe foncière année par année, on va subir cette augmentation. Contrairement à d’autres villes en France qui ont lourdement augmenté la taxe foncière, la ville Pontorson -elle – n’y touche pas. Ce serait difficile à justifier avec un résultat de 1,1 million Euro net du budget de fonction. La taxe d’habitation ayant été abolie pour les résidences principales, elle existe toujours pour les résidences secondaires. La décision de l’Assemblée Nationale sur la taxe foncière et le maintien de la taxe d’habitation pour les maisons des vacanciers va donc faire augmenter la rentrée d’argent dans la caisse de Pontorson. Ces deux taxes ont représenté 47 % des recettes de Pontorson de l’année dernière.

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